Origine et histoire du Groupe épiscopal
Le groupe cathédral de Lyon, formé de la primatiale Saint-Jean, de l'église Saint-Étienne et de l'église Sainte-Croix, trouve ses origines dans l'Antiquité tardive. À cette époque, chaque cité ne possédait qu'une seule église, appelée ecclesia, où la communauté chrétienne se réunissait autour de son évêque. La première mention d'une église à Lyon remonte à 380, évoquée dans les Vies de l'évêque saint Just, qui décrit un lieu de culte où un homme avait trouvé refuge. En 469, Sidoine Apollinaire, dans une lettre, décrit une nouvelle cathédrale construite par l'évêque Patiens, sans préciser son emplacement exact, mais évoquant un lieu proche de la Saône (« D'un côté la chaussée résonne, de l'autre la Saône fait écho »).
Les fouilles archéologiques des années 1930 et 1970 ont révélé, sous l'actuelle primatiale Saint-Jean, un complexe du Ve ou VIe siècle comprenant une église, un baptistère et des pièces annexes. Ces découvertes confirment que ce site correspond à l’ecclesia décrite par Sidoine Apollinaire, écartant les hypothèses concurrentes comme Saint-Nizier ou Saint-Irénée. À l'époque mérovingienne, le groupe était déjà double (une maxima ecclesia et un baptistère), puis triple à l'époque carolingienne avec l'ajout d'une troisième église, future Sainte-Croix. Lyon est ainsi la seule cathédrale de France à être restée multiple jusqu'à la Révolution française.
Le groupe épiscopal a connu des tensions historiques, notamment entre le pouvoir de l'archevêque à Saint-Jean et celui de la bourgeoisie à Saint-Nizier, cette dernière revendiquant le titre de « cathédrale primitive » en raison des tombes d'évêques qu'elle abritait, comme celle de saint Just. Les églises Saint-Étienne et Sainte-Croix, détruites pendant la Révolution, ont laissé place à un parc archéologique où leurs vestiges, exhumés dans les années 1970, sont aujourd'hui visibles. La primatiale Saint-Jean, seule survivante, perpétue ce patrimoine exceptionnel.
Classé Monument Historique en 1986, le groupe épiscopal illustre l'évolution architecturale et religieuse de Lyon, depuis ses débuts chrétiens sous l'Empire romain jusqu'à sa configuration médiévale. Les fouilles ont aussi mis en lumière des éléments rares, comme un baptistère mérovingien, témoignant de l'importance du site comme centre spirituel et politique dès le Haut Moyen Âge. Aujourd'hui, le lieu allie patrimoine visible (Saint-Jean) et traces archéologiques, offrant une plongée dans près de 1 500 ans d'histoire lyonnaise.